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Coactivité en entrepôt : nettoyer sans gêner les flux

Coactivité en entrepôt : inspection commune, plan de prévention, créneaux et balisage pour laver les sols sans croiser chariots ni piétons. Checklist incluse.

10 minutes de lectureL’équipe Melau

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  • entreprise extérieure
Grande allée d’entrepôt en activité, racks à palettes de chaque côté, deux chariots élévateurs au loin et bandes jaunes au sol.

La coactivité, c’est la présence de plusieurs entreprises sur un même lieu de travail. Dans un entrepôt, le cas le plus courant est banal : une équipe de nettoyage lave les allées pendant que les chariots tournent.

Ce guide reprend le cadre du Code du travail pour les entreprises extérieures, puis l’organisation concrète : créneaux, balisage, circulation, place d’un robot de lavage. Il se termine par une checklist à reprendre telle quelle.

L’essentiel

  • Le nettoyage confié à une entreprise extérieure relève des règles sur les entreprises extérieures : inspection commune, analyse des risques d’interférence et, lorsque ces risques existent, plan de prévention.
  • Le créneau est la première mesure : on lave quand l’activité baisse.
  • La zone mouillée se balise tant que le danger n’est pas écarté.
  • Une machine de lavage, conduite ou autonome, entre dans le plan de circulation comme les autres engins.

Coactivité et nettoyage : de quoi parle-t-on ?

Deux rôles se distinguent. L’entreprise utilisatrice accueille l’opération dans ses locaux. L’entreprise extérieure la réalise : prestataire de propreté, mainteneur, installateur.

Les risques d’interférence naissent de cette présence simultanée de personnels, d’installations et de matériels de plusieurs entreprises. Ils s’ajoutent aux risques propres de chaque activité, selon l’INRS.

Le nettoyage n’est pas une exception. L’INRS cite expressément « maintenance, nettoyage, gardiennage, informatique » parmi les opérations visées par ce cadre.

Un sol en cours de lavage, une autolaveuse dans une allée de picking, un agent qui traverse un croisement : c’est la coactivité dans sa forme la plus quotidienne.

Les risques typiques sont connus : heurt entre un engin et un piéton, glissade sur un sol mouillé, chute d’objet près des racks, machine de lavage dans une allée de manœuvre.

Si le nettoyage est fait par vos propres équipes, ce cadre ne s’applique pas tel quel. Le risque se traite alors dans votre évaluation des risques et votre document unique (DUERP).

Inspection commune et plan de prévention : ce que dit le Code du travail

Deux personnes de dos en gilets haute visibilité devant un plan de site déroulé sur une table, racks à palettes en arrière-plan.

L’article R. 4511-1 pose le champ : ces règles s’appliquent quand une entreprise extérieure fait intervenir des travailleurs pour une opération, « quelle que soit sa nature », dans un établissement d’une entreprise utilisatrice.

Le chef de l’entreprise utilisatrice assure la coordination générale des mesures de prévention (article R. 4511-5).

L’inspection commune préalable

Avant l’opération, les entreprises inspectent ensemble les lieux de travail, les installations et les matériels mis à disposition (article R. 4512-2).

Pendant cette inspection, l’entreprise utilisatrice (article R. 4512-3) :

  • délimite le secteur de l’intervention ;
  • matérialise les zones qui peuvent présenter des dangers ;
  • indique les voies de circulation des travailleurs et des véhicules et engins de l’entreprise extérieure ;
  • définit les voies d’accès aux locaux mis à leur disposition.

Pour le nettoyage, c’est le moment de parcourir les allées, les quais et les croisements, et de fixer où passent les machines de lavage.

Les employeurs se communiquent aussi la description des travaux, des matériels et des modes opératoires qui ont une incidence sur la sécurité (article R. 4512-5).

L’analyse des risques, puis le plan

Au vu de l’inspection, les entreprises analysent en commun les risques d’interférence entre activités, installations et matériels. « Lorsque ces risques existent », elles arrêtent d’un commun accord, avant le début des travaux, un plan de prévention (article R. 4512-6).

Le plan comporte au moins (article R. 4512-8) : les phases d’activité dangereuses et leurs moyens de prévention, l’adaptation des matériels, les instructions aux travailleurs, l’organisation des premiers secours et la coordination entre entreprises.

À retenir

Le plan de prévention est obligatoirement écrit dans deux cas (article R. 4512-7) : une opération d’au moins 400 heures de travail prévisibles sur douze mois au plus, sous-traitants compris, continue ou non ; ou des travaux qui figurent sur la liste des travaux dangereux fixée par arrêté. Pour un nettoyage régulier, faites le compte des heures sur l’année.

Pendant l’opération, chaque entreprise applique les mesures du plan. L’entreprise utilisatrice s’assure qu’elles sont exécutées et coordonne les mesures nouvelles (article R. 4513-1).

Ce guide informe : ce n’est pas un conseil juridique. Le plan de prévention reste celui du site, établi par les employeurs concernés.

Sur les quais : le protocole de sécurité

Le chargement et le déchargement par une entreprise de transport suivent un autre régime. Ils font l’objet d’un document écrit, le protocole de sécurité, qui tient lieu de plan de prévention (articles R. 4515-1 et R. 4515-4).

Il comprend notamment les consignes de sécurité, un plan et les consignes de circulation, et les engins utilisés (article R. 4515-6). Le protocole fixe la circulation et les engins sur les quais : le lavage des quais en tient compte, et se programme hors des opérations de chargement.

Choisir le créneau de nettoyage

Allée d’entrepôt vide la nuit, sous l’éclairage artificiel, sol fraîchement lavé et luisant.

La mesure la plus simple est de ne pas croiser les flux. L’INRS demande d’organiser les opérations de nettoyage en fonction de l’occupation des locaux (brochure ED 6347).

En entrepôt, cela donne quatre options :

La nuit Quand le site ne tourne pas, ou tourne au ralenti.

Le week-end Quand la semaine ne laisse aucun creux.

Entre deux vagues Quais vidés, préparation en fin de poste.

Allée par allée Quand le site ne s’arrête jamais : une zone fermée à la fois.

Le créneau a un revers. La même brochure range les horaires atypiques parmi les risques de l’opération de nettoyage pour ceux qui la font.

Les fréquences zone par zone se règlent dans le plan de nettoyage logistique : ce guide s’occupe de la sécurité autour.

Baliser et signaler la zone mouillée

Portion d’allée d’entrepôt fermée par deux chevalets jaunes et une chaînette rouge et blanche sur un sol brillant, l’autre moitié de l’allée restant libre.

Un sol mouillé change les règles du passage. L’INRS demande de baliser ou signaler les zones concernées « tant que le danger n’est pas écarté ».

Le balisage dit trois choses : où l’on lave, où l’on ne passe pas, jusqu’à quand. Chevalets, chaînette sur potelets ou fermeture d’allée : le moyen se choisit selon le trafic de la zone.

  • Avant : fermer la portion d’allée, pas l’allée entière quand le flux ne peut pas s’arrêter.
  • Pendant : garder une voie de contournement pour les piétons et les engins.
  • Après : laisser la signalisation tant que le sol reste mouillé.

Les causes d’un sol glissant, et le lien avec les accidents, sont détaillés dans notre guide sur la chute de plain-pied.

Sécurité en entrepôt : chariots, piétons et machines de lavage

Croisement d’allées vu en hauteur, passages piétons zébrés et lignes jaunes au sol, un chariot élévateur à l’arrêt hors du passage, fourches baissées.

Les lieux de travail sont aménagés pour que piétons et véhicules circulent de manière sûre (article R. 4224-3). Pour les collisions entre engins et piétons, l’INRS fixe une ligne claire (fiche ED 6457) :

  • supprimer la présence des piétons là où elle n’est pas indispensable ;
  • séparer les flux, de préférence par des barrières physiques ;
  • éviter les croisements de flux, y compris pour la maintenance ;
  • instaurer un plan de circulation et le diffuser ;
  • limiter la vitesse des engins.

Une machine de lavage est un engin de plus dans ce plan. Une autolaveuse autoportée occupe une allée chariots ; un agent qui pousse une machine accompagnée peut se retrouver piéton sur une voie d’engins.

Les croisements d’allées sont les points sensibles. On y lave hors des vagues, avec une visibilité dégagée, et la conduite à tenir en cas de rencontre est écrite.

Où se place un robot de lavage dans ce schéma

Un robot de lavage ne sort pas du plan de prévention. Il y entre, comme n’importe quel équipement qui circule.

À la mise en service, le robot parcourt le site une fois, guidé : zones à traiter, zones interdites, circuits, obstacles fixes, points de recharge. Les horaires et les fréquences se fixent avec le site, zone par zone : voir les étapes de la mise en service.

Selon les données du constructeur Gausium, il combine LiDAR et caméras selon le modèle. Il repère chariots, personnes et objets au sol, s’arrête, contourne et reprend son circuit. Marvel, le modèle grandes surfaces, associe LiDAR 3D et vision à 360°.

Il contourne une palette ou un chariot, il ne les déplace pas. Ces capacités ne garantissent rien à elles seules : le créneau, les zones interdites et les règles de croisement restent écrits dans le plan.

Côté coactivité, Melau intervient comme entreprise extérieure pour la mise en service et la maintenance. Ces interventions s’intègrent au plan de prévention du site. Côté installation : une prise électrique pour la station, pas de marquage au sol, pas de balise, pas de travaux.

Le matin, le rapport de passage indique la surface traitée, la carte de couverture et les écarts au plan. Il montre où un obstacle a empêché le lavage. Le détail du fonctionnement est sur la page robot de lavage autonome.

Le robot prend le lavage répétitif des grandes surfaces. Les équipes gardent les finitions, les zones encombrées et le contrôle.

Prévenir les équipes, des deux côtés

Un plan que personne ne connaît ne protège personne. Le Code du travail organise l’information à deux niveaux.

L’entreprise utilisatrice communique ses consignes de sécurité à l’entreprise extérieure, y compris pour les déplacements (article R. 4512-4).

Avant le début des travaux, sur le lieu même, le chef de l’entreprise extérieure présente à ses travailleurs les dangers, les zones dangereuses et leur matérialisation, et les voies à emprunter (article R. 4512-15).

Côté site, l’INRS demande de diffuser le plan de circulation et de faire porter des vêtements à haute visibilité aux salariés comme aux intervenants extérieurs (fiche ED 6457).

Bon à savoir

Un changement de créneau, une nouvelle zone de lavage ou l’arrivée d’une machine sont des mesures nouvelles. L’entreprise utilisatrice les coordonne en cours d’opération (article R. 4513-1) : le plan se met à jour, puis l’information suit.

Checklist : nettoyer en coactivité

À reprendre pour chaque prestataire de nettoyage, et à chaque changement d’organisation.

  1. Avant l’intervention

    • Le cadre. Le nettoyage est-il fait par une entreprise extérieure ? Si oui, le cadre des articles R. 4511-1 et suivants s’applique.
    • Les heures. Le volume prévisible sur l’année, sous-traitants compris, impose-t-il un plan écrit ?
    • Les quais. Le lavage des quais tient-il compte des protocoles de sécurité des transporteurs (circulation, engins, zones de manœuvre) ?
  2. L’inspection commune

    • Le secteur. Zones à laver, zones exclues, zones dangereuses matérialisées.
    • Les voies. Où passent les agents, les machines de lavage et le robot, le cas échéant.
    • Les croisements. Points sensibles repérés sur le plan du site.
  3. Le plan de prévention

    • Le créneau. Nuit, week-end, entre deux vagues, ou allée par allée.
    • Le balisage. Moyen retenu, voie de contournement, durée de la signalisation.
    • Les consignes. Conduite à tenir en cas de croisement, premiers secours, interlocuteurs.
  4. Le jour J

    • L’accueil. Dangers, zones et voies présentés sur place aux intervenants.
    • La visibilité. Vêtements à haute visibilité pour tous.
    • Les équipes du site. Caristes et préparateurs informés du créneau et des zones fermées.
  5. Après

    • Le sol. Signalisation levée seulement quand le danger est écarté.
    • Le retour. Écarts, presque-accidents et obstacles récurrents remontés.
    • La mise à jour. Toute nouvelle zone, machine ou créneau passe par le plan.

Le coût du lavage se compare ensuite en coût au m² lavé. Pour un atelier ou un hall de production, voir le nettoyage industriel par robot ; pour les allées de stockage, le nettoyage d’entrepôt.

Créneaux, zones, flux : le diagnostic gratuit regarde avec vous si un robot trouve sa place dans votre organisation, et où.

Sources

Pages consultées le 19 octobre 2026.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la coactivité en entrepôt ?

C’est la présence, sur un même lieu de travail, de personnes, d’installations et de matériels de plusieurs entreprises. En entrepôt, une équipe de nettoyage extérieure qui lave pendant que les chariots tournent en est un cas typique. Ses risques s’ajoutent à ceux de chaque activité : l’INRS parle de risques d’interférence.

Le nettoyage par un prestataire impose-t-il un plan de prévention ?

Le cadre des entreprises extérieures (articles R. 4511-1 et suivants du Code du travail) s’applique à toute opération, nettoyage compris. Une inspection commune a lieu avant l’intervention, puis une analyse commune des risques d’interférence. Lorsque ces risques existent, les employeurs arrêtent un plan de prévention avant le début des travaux.

Quand le plan de prévention doit-il être écrit ?

Dans les deux cas de l’article R. 4512-7 : quand le volume d’heures prévisible de l’opération atteint le seuil fixé par cet article, ou, quelle que soit la durée, quand les travaux figurent sur la liste des travaux dangereux fixée par arrêté. Hors de ces cas, le plan existe quand même dès qu’il y a des risques d’interférence.

Peut-on laver les allées pendant que les chariots circulent ?

C’est possible, mais c’est la situation la plus exposée. Le plus sûr est de laver quand l’activité baisse : la nuit, le week-end, entre deux vagues. Sinon, la zone se balise, les voies de circulation se fixent dans le plan de prévention et chacun connaît la conduite à tenir en cas de croisement.

Un robot de lavage doit-il figurer dans le plan de prévention ?

Oui, comme tout équipement qui circule dans les allées. Le plan précise où il passe, où il n’entre pas, à quelle heure, et ce que font caristes et piétons s’ils le croisent. Le robot détecte les obstacles, s’arrête et les contourne, selon les données du constructeur : cela ne dispense d’aucune mesure du plan.

Et sur votre site ?

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