Chute de plain-pied : sol glissant et prévention
Chute de plain-pied au travail : chiffres 2024, causes d’un sol glissant, prévention par le lavage et la signalisation, obligations de l’employeur (DUERP).

Une chute de plain-pied est une glissade, un trébuchement ou un faux pas sur une surface plane. C’est la deuxième cause d’accident du travail, après la manutention manuelle.
Le sol y joue un rôle direct : mouillé ou souillé, il devient glissant et réduit l’adhérence de la chaussure. Voici les chiffres, les causes du risque de glissade, la prévention côté lavage et les obligations de l’employeur.
L’essentiel
- Retirer la souillure : eau, huile, farine ou poussières de bois ne restent pas sur les circulations.
- Laver hors des heures de forte circulation : arrivées, départs, changements d’équipe.
- Signaler jusqu’au séchage : le panneau reste tant que le sol n’est pas sec.
- Inscrire le risque au document unique (DUERP) et le tenir à jour.
Chute de plain-pied : les chiffres de 2024

Dans le classement 2024 de l’Assurance Maladie – Risques professionnels, la manutention manuelle est à l’origine de la moitié des accidents classés. Les chutes de plain-pied représentent :
15 % des accidents avec un risque identifié
17 % des journées d’arrêt
16 % des nouvelles incapacités permanentes
6 % des décès avec un risque identifié
Les chutes de hauteur sont comptées à part : 12 % des accidents avec un risque identifié.
L’INRS le rappelle : ces accidents sont souvent perçus comme bénins. Ils peuvent pourtant entraîner une incapacité permanente, voire un décès.
Comment lire ces chiffres
Ces parts viennent du rapport annuel 2024 de l’Assurance Maladie – Risques professionnels, publié en novembre 2025 (tableau 6). Elles portent sur les accidents dont le risque a pu être identifié.
La codification ne concerne que les accidents avec au moins quatre jours d’arrêt. En 2024, 63 % de ces accidents ont un risque identifié.
Plus de la moitié des décès n’ont pas de risque identifié : il s’agit surtout de malaises. La part affichée pour les décès ne porte donc que sur les décès dont le risque est identifié.
Sol glissant : d’où vient le risque de glissade

Le risque de glissade tient à l’adhérence entre la semelle et le sol. L’INRS indique qu’une souillure diminue cette adhérence. Le sol peut être glissant alors qu’il semble seulement sale.
L’humidité Eau de lavage, fuite, pluie ramenée de l’extérieur.
Les résidus Huile, produits gras ou autre dépôt laissé sur le passage.
La poussière Poussières de bois, sciure ou farine sur la circulation.
Les produits Dose trop forte, ou produit qui encrasse le revêtement.
Le sol mal rincé Les résidus de détergent restent sur la surface.
La grille de surveillance de l’INRS cite l’eau, l’huile, la farine et les poussières de bois parmi les souillures à faire disparaître des circulations. C’est la brochure ED 6433, de décembre 2021.
Un produit sous-dosé nettoie mal. Un produit surdosé complique le rinçage. Sans rinçage, la surface s’encrasse avec les résidus de produit.
Certains produits sont à écarter : ceux qui encrassent, à base d’huile de lin ou de silicone.
Le produit doit rester au contact du sol le temps prévu par son fabricant : en général plus de 10 minutes, selon l’INRS. Pendant ce temps, le sol est mouillé et reste signalé.
Le passage entre deux sols de glissance très différente est aussi une cause d’accident, selon l’INRS. Dehors, la pluie, la neige et le verglas augmentent la glissance.
Prévention d’une chute de plain-pied côté sols

L’INRS place en priorité un nettoyage fréquent, adapté au revêtement et aux souillures, sans abîmer les qualités antidérapantes du sol. Le plan fixe la température, l’action mécanique, la concentration et le temps de contact, selon le fabricant du revêtement.
Limiter la souillure à la source
La souillure la plus simple à traiter est celle qui n’atteint pas le sol. L’INRS cite les bacs de rétention et de récupération, l’aspiration et la réparation des fuites.
Aux entrées, un tapis absorbant et un bac pour les parapluies retiennent l’eau ramenée de l’extérieur.
Dégager les circulations
Un sol propre est aussi un sol dégagé : cartons, films, câbles ou tapis mal fixés font trébucher. L’INRS demande de supprimer autant que possible l’encombrement du sol : emplacements de rangement, couverture des passages de câbles, fixation des tapis.
Hors des heures de forte circulation
Les nettoyages réguliers se font hors des heures d’arrivée, de départ et de changement d’équipe, comme l’écrit la brochure ED 6433.
Dans un entrepôt, les allées se libèrent souvent la nuit. Voir le nettoyage d’entrepôt par robot.
Dans un atelier, copeaux, granulés et poussières reviennent sur les circulations. Voir le nettoyage industriel par robot.
Dans un magasin ou une galerie, le lavage a lieu avant l’arrivée du public. Voir le nettoyage de centre commercial et de grande surface.
Signaler tant que le sol n’est pas sec
Après un lavage ou un renversement, la zone reste signalée tant que le danger n’est pas écarté. L’INRS demande de maintenir cette signalisation jusqu’à ce que le sol soit de nouveau sec.
Aucune durée de séchage ne vaut pour tous les sols. Elle dépend du revêtement, de l’eau laissée, du produit et de l’aération.
Éliminer l’eau résiduelle et racler après le rinçage font partie des mêmes bonnes pratiques. Le panneau « sol glissant » couvre le délai. Il ne remplace pas le séchage.
Des moyens de nettoyage (pelle, balai, eau, sable) restent disponibles près des circulations à risque, pour traiter une souillure dès qu’elle apparaît.
Choisir la méthode de lavage
Avec une serpillère, une partie de l’eau reste au sol. Une autolaveuse avec réservoirs frotte, puis aspire la solution sale : l’INRS la cite parmi les moyens d’action mécanique efficaces. La raclette seule est un point de vigilance : elle ne frotte pas assez.
L’aspiration de l’eau sale réduit le film laissé au sol. Elle ne rend pas le sol sec sur-le-champ.
Là où le sol reste gras ou humide, l’INRS recommande un revêtement antidérapant. Les locaux agroalimentaires sont particulièrement concernés.
Les chaussures antidérapantes complètent ces mesures collectives. Elles ne les remplacent pas.
Acheter, louer ou s’abonner se joue sur la fréquence et la surface. Le comparatif est dans achat d’une autolaveuse : acheter, louer ou s’abonner.
Garder une trace du passage
Un plan de nettoyage dit où, quand et avec quoi l’on lave. Une trace du passage (planning, feuille de zone ou rapport des zones couvertes) montre ce qui a été fait et ce qui a été sauté.
Chute de plain-pied et DUERP : les obligations de l’employeur
L’article L. 4121-1 du Code du travail impose à l’employeur les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.
L’article L. 4121-3 demande d’évaluer les risques : procédés, équipements, produits, aménagement des lieux, organisation du travail.
Les articles L. 4121-3-1 et R. 4121-1 imposent de transcrire et de mettre à jour ces résultats dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), avec un inventaire par unité de travail.
La brochure ED 6433 demande d’y intégrer le risque de chute de plain-pied.
Les locaux de travail et leurs annexes sont régulièrement entretenus et nettoyés, et exempts de tout encombrement (article R. 4224-18). Le médecin du travail et le comité social et économique émettent un avis sur les mesures à prendre.
Les lieux de travail intérieurs et extérieurs sont aménagés pour que les piétons et les véhicules circulent de manière sûre (article R. 4224-3).
Quand le nettoyage est confié à une entreprise extérieure, ce risque se traite aussi dans le plan de prévention : voir notre guide sur la coactivité lors du nettoyage en entrepôt.
Le comité social et économique est consulté sur le document unique et sur ses mises à jour (article L. 4121-3).
Bon à savoir
Dans les entreprises d’au moins onze salariés, le document unique est mis à jour au moins une fois par an. Pour toutes les entreprises, la mise à jour est aussi due lors d’un aménagement important, ou lorsqu’une information nouvelle sur un risque arrive à l’employeur. C’est l’article R. 4121-2.
À partir de cinquante salariés, les résultats débouchent sur un programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail.
En dessous de cet effectif, ils débouchent sur une liste d’actions de prévention, consignée dans le document unique. C’est l’article L. 4121-3-1.
Laver la nuit, quand les allées sont libres

Sur les grandes surfaces, le créneau le plus adapté pour laver est souvent celui où les allées sont libres. Le sol mouillé sort ainsi des heures de forte circulation, comme le recommande l’INRS. Dans un magasin, ce créneau se place entre la fermeture et l’ouverture : voir le nettoyage de magasin avant l’ouverture.
Melau installe, supervise et maintient des robots de lavage Gausium, en abonnement. Le robot prend le lavage répétitif des grandes surfaces. Les équipes gardent les finitions, les zones encombrées et les tâches qui demandent un jugement.
Il travaille la nuit par défaut. En journée, s’il croise une personne, il s’arrête, contourne et reprend son circuit. Le matin, un rapport indique les zones couvertes et les écarts au plan : voir comment se déroule un passage du robot.
Ce rapport documente le passage. Il ne mesure ni la glissance, ni l’évolution des accidents.
La mise en service est facturée une fois : installation, cartographie, formation. Elle n’est pas comprise dans l’abonnement. Voir ce que couvre l’abonnement.
Certaines zones restent hors périmètre : huiles en nappe, liquides, sols à rails, caniveaux, caillebotis, zones classées. Le diagnostic gratuit les identifie avec vous et dit si le sol, les créneaux et la surface conviennent.
Sources
- Assurance Maladie – Risques professionnels, Rapport annuel 2024, novembre 2025, tableau 6 : page de l’étude et rapport PDF.
- INRS, « Chutes de plain-pied : définition et caractéristiques », mise à jour le 5 janvier 2022.
- INRS, « Chutes de plain-pied : statistiques et effets sur la santé », mise à jour le 5 janvier 2022.
- INRS, « Chutes de plain-pied : mesures de prévention », mise à jour le 5 janvier 2022.
- INRS, brochure ED 6433, Les chutes de plain-pied, décembre 2021.
- INRS, « Accidents du travail et maladies professionnelles : principales définitions », mise à jour le 26 janvier 2017.
- Code du travail : L. 4121-1, L. 4121-3, L. 4121-3-1, R. 4121-1, R. 4121-2, R. 4224-3 et R. 4224-18.
- Code de la sécurité sociale : L. 411-1 et L. 411-2.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une chute de plain-pied ?
Une glissade, un trébuchement, un faux pas ou une autre perte d’équilibre sur une surface plane, y compris avec un faible dénivelé : trottoir, petite marche, plan incliné. Une chute de hauteur part d’une rupture de niveau ; l’INRS classe plutôt les chutes dans les escaliers dans cette catégorie. On écrit « de plain-pied », avec un trait d’union, et non « plein pied ».
Une chute de plain-pied est-elle un accident du travail ?
Oui, si elle survient par le fait ou à l’occasion du travail, quelle qu’en soit la cause : c’est la définition de l’article L. 411-1 du Code de la sécurité sociale. L’INRS rappelle que tout accident survenu pendant et sur le lieu de travail est présumé accident du travail. Une chute sur le trajet entre le domicile et le travail peut être reconnue comme accident de trajet, aux conditions de l’article L. 411-2.
Quels sont les facteurs de risque d’une chute de plain-pied ?
L’INRS en distingue deux familles. Côté technique : glissance et souillure des sols, ruptures de niveau et pentes, dimensionnement des circulations, obstacles, escaliers, chaussures de travail, circulation autour des machines, éclairage. Côté organisation : maintien en état des sols et des équipements, retour d’expérience sur les accidents et presque-accidents, coactivité, gestion des déplacements, formation.
Comment savoir si un sol est trop glissant ?
Selon la grille de l’INRS, l’adhérence du sol doit être adaptée à l’activité et homogène, sans rupture d’adhérence d’une zone à l’autre. Le réseau prévention de l’Assurance Maladie (Carsat, Cramif, CGSS) dispose d’appareils portables qui mesurent sur place la résistance au glissement d’un revêtement.
Le risque de chute de plain-pied doit-il figurer au DUERP ?
Oui. L’employeur évalue les risques, y compris ceux liés à l’aménagement des lieux, et les transcrit dans le document unique, pour chaque unité de travail. L’INRS demande d’y intégrer le risque de chute de plain-pied. La mise à jour suit l’article R. 4121-2 du Code du travail.
Et sur votre site ?
Un diagnostic gratuit, sans engagement, avec un chiffrage au m² sur vos données.